Financer l’achat d’un restaurant ou d’une brasserie

Financer l’achat d’un restaurant ou d’une brasserie
financer l'achat d'un restaurant

Sommaire

financer l'achat d'un restaurant

Il existe plusieurs possibilités pour financer l’achat d’un restaurant ou d’une brasserie :

La création d’un restaurant ou d’une brasserie

Cette solution peut être la moins onéreuse pour financer l’achat d’un restaurant ou d’une brasserie, mais a l’inconvénient d’avoir une absence de recul sur une hypothèse de travail, la qualité de l’emplacement et sur la zone de chalandise.

Elle peut se faire par le biais de la signature d’un bail à usage de commerce. La création du lieu passera par des travaux et le paiement d’un droit au bail.

L’accompagnement de professionnels du secteur et des acteurs économiques locaux semble important pour ce type d’approche. Il est nécessaire de faire des demandes d’autorisations de travaux et si la vente d’alcool est prévue, il faut également effectuer l’achat d’une licence IV.

Achat du fonds de commerce

L’achat d’un fonds de commerce se matérialise par l’acquisition d’un actif incorporel composé du fonds de commerce (clientèle, droit au bail, droit de terrasse, site internet, numéro de téléphone, salariés, carte…) et d’actifs corporels, le matériel de salle et de cuisine.

Il est nécessaire de calculer le prix de vente du fonds de commerce en fonction de divers facteurs :

  • L’établissement dépend-il ou non d’un personnel particulier (un chef renommé par exemple)
  • L’emplacement du restaurant est-il « prime » (c’est-à-dire un emplacement de qualité supérieur) ?
  • Le chiffre d‘affaires est-il constant depuis plusieurs années ?
  • La rentabilité de l’affaire, notamment la marge brute respecte-t-elle les normes du secteur ?
  • Le loyer est-il important et représente-t-il un pourcentage conséquent du chiffre d’affaires ?
  • L’ensemble des équipements sont-ils récents et en état de fonctionnement ?
  • Y a-t-il des retraitements à effectuer sur la rentabilité de l’affaire ? (réintégration de la rémunération des dirigeants si nécessaire, prestations de management fees, facturation intra-groupe …)

L’ensemble de ces questions permettent de réaliser une valorisation du fonds de commerce. La valorisation des fonds de commerce se fait « par habitude » en faisant une moyenne entre un multiple du chiffre d’affaires (en fonction des régions) et un multiple de l’EBE

Exemple

Emplacement Prime en IDF : CA 7 M€ et EBE de 1,7 M€

Multiple du CA : x1,5 soit 10,5 M€

Multiple de l’EBE : x7 soit 11,9 M€

Moyenne : 10,9 M€

La valorisation du fonds de commerce ressort en moyenne, dans cet exemple, à 10,9 M€

Achat des parts de la société détenant le fonds de commerce

Un fonds de commerce peut être exploité sous différentes formes : en nom propre, par l’intermédiaire de sociétés commerciales…

Lorsque le fonds de commerce appartient à une société commerciale (SNC / SAS / SARL…) il est possible d’acquérir les parts de cette dernière. Ce schéma est considéré par les établissements de crédits comme une opération type LBO.

L’exploitation de la société cible génère un résultat net qui sera distribué via un régime mère/fille à la holding qui pourra ainsi rembourser l’emprunt contracté.

La valorisation des parts de société se fera en fonction de l’actif et du passif. L’avantage de ce type d’acquisition est la conservation de la société en l’état, des contrats de travail et des contrats fournisseurs.

Le rachat de parts d’un fonds de commerce serait plus complexe à faire financer auprès d’une banque. Le fonds de commerce étant attaché à la cible, la prise de garantie sera plus difficile pour l’établissement prêteur.

Exploitation en location gérance

La location gérance est très rependue sur l’Île-de-France pour l’exploitation des établissements. Il s’agit d’une prise de gérance du fonds de commerce contre le paiement d’un loyer. L’exploitation est conditionnée dans un contrat et permet d’être cadrée.

La location gérance permet de démarrer une activité en limitant les frais et en cumulant de l’expérience. Cette forme d’exploitation s’associe souvent à une cession après plusieurs années de location gérance.

Les différents types de financements

Achat en crédit vendeur

Le vendeur déclare le produit de la vente et est fiscalisé. L’acheteur paie en plusieurs fois. Le crédit vendeur peut être convenu sur tout ou partie du montant de cession. Les formalités de remboursement du crédit sont convenues contractuellement de gré à gré entre les parties : remboursement en une seule ou plusieurs fois selon un échéancier ou remboursement au terme du remboursement d’un crédit bancaire par exemple.

Financement bancaire

C’est la pratique la plus répandue sur le marché de la restauration. Le financement bancaire est mis en place pour permettre l’acquisition du fonds de commerce, des parts de sociétés, du matériel, des travaux etc…

Les durées varient en fonction de la durée d’amortissement. Pour le fonds de commerce, habituellement, les financements sont octroyés sur des durées de 7 ans. Il est possible, dans des cas spécifiques d’obtenir des durées de 10 ans.

Le crédit bancaire prend plusieurs formes : crédit amortissable, crédit in fine, crédit-bail mobilier. Chaque financement a sa typologie de crédit.

Financement externe

Appel à des financements tiers comme des sociétés de crowdfunding, des fonds d’investissement, des business angel, des family office, des fournisseurs… L’ensemble de ces apporteurs de fonds permettent de boucler un tour de table et de faire le complément d’apport nécessaire à la banque pour mettre en place votre crédit pour financer l’achat d’un restaurant ou d’une brasserie. Il est très rare que des tiers interviennent seuls, sans banque car l’effet de levier de leur investissement n’est pas assez important.

Garanties possibles

  • Le nantissement du fonds de commerce. Il pourra être pris par un établissement bancaire ou un fournisseur. Cette garantie est forte, en cas de non-paiement des créances, la propriété du fonds de commerce deviendra celle des créanciers en fonction de leur rang d’inscription. Il est important d’avoir une valorisation de fonds de commerce cohérente avec le marché pour apporter ce dernier en garantie pour financer l’achat d’un restaurant.
  • La caution des porteurs de projet. Ces dernières peuvent être solidaires ou non, partielles ou complètes. En cas d’impossibilité de l’emprunteur de faire face à ses dettes, les cautions devront rembourser les crédits.
  • Les contre-garanties (BPI France / SACEFF / Initiative France…). Ces organismes se portent garants pour le compte de la société porteuse du projet. Ces garanties sont payantes mais elles limitent la prise de garanties complémentaires.

Les points d’attention pour financer l’achat d’un restaurant

Lors de la constitution de votre demande de financement il est nécessaire d’être particulièrement vigilant à certains points.

La saisonnalité de l’affaire

Vous devez vous demander si le lieu d’activité est attractif toute l’année pour l’ensemble des clients (notamment dans le cadre de lieux touristiques, en bord de mer ou en montagne…) ? Le lieu du restaurant ou de la brasserie est-il soumis à la météo ? Le lieu est-il destiné à une clientèle de bureau (principalement le midi) ou une clientèle de résidents (principalement le soir et le weekend) ?

La présence d’une terrasse

La terrasse est-elle aussi importante. Demandez vous si elle pourra être ouverte toute l’année. Quel sera le prix du droit de terrasse…

Le prix moyen du midi

Il faut tenir compte du chiffre d’affaires en incluant les boissons. Quel est le prix moyen le soir, le nombre de places assises ? La rotation des tables fortes est-elle importante ? Il est important de connaitre la capacité d’accueil de votre établissement. Cette données, cumulées au ticket moyen du repas, permettront d’établir la base du prévisionnel pour financer l’achat d’un restaurant.

Il est impératif de différencier les différents chiffres d’affaires dans votre prévisionnel afin d’établir un « ticket moyen ». Ainsi on distingue les chiffres d’affaires suivants :

  • CA boissons (lors des repas)
  • CA restauration
  • CA limonade
  • CA vente à emporter

Les diverses charges à intégrer

Il est nécessaire d’évaluer les éventuels travaux de rénovation à effectuer.

La charge du personnel est également un paramètre à prendre en compte, tout comme la charge de la dette. Aujourd’hui, la charge moyenne du personnel est de 35% charges inclues. La charge de la dette doit être encaissable par l’EBE. Il est impératif d’obtenir une marge de manœuvre.

Dans une activité de restauration, l’une des charges les plus importante et incompressible est le loyer. L’acquisition des murs permet la maîtrise de ce dernier tout en augmentant la valorisation de son fonds de commerce et la désirabilité de ce dernier en cas de mise en vente.

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