La Grande Transmission : 9 000 milliards, et maintenant ?

La Grande Transmission : 9 000 milliards, et maintenant ?
Transmission d'entreprise financement

Sommaire

D’ici à 2040, la France va traverser un phénomène sans précédent dans son histoire économique moderne : une transmission de richesse estimée entre 5 000 et 9 000 milliards d’euros. Les économistes ont déjà trouvé un nom à ce basculement : la Grande Transmission.

Ce chiffre donne le vertige. Chaque année, environ 400 milliards d’euros sont déjà transmis en France, et ce flux pourrait atteindre 670 à 700 milliards d’euros par an d’ici 2040.

Derrière cette statistique se jouent concrètement deux grandes batailles : l’une patrimoniale, l’autre entrepreneuriale. Et dans les deux cas, le financement est au cœur du sujet.

1. Le patrimoine immobilier : une richesse qui va changer de mains

Le patrimoine des ménages français dépasse aujourd’hui 14 900 milliards d’euros selon l’Insee et la Banque de France. Les générations les plus âgées en détiennent une part majoritaire, principalement sous forme immobilière.

Les baby-boomers ont bénéficié à la fois de la croissance des Trente Glorieuses et de l’envolée historique des prix de l’immobilier. Cette richesse va désormais se transmettre sous diverses formes : successions directes, donations anticipées, ventes d’actifs pour financer la dépendance ou arbitrages patrimoniaux familiaux.

L’assurance-vie jouera également un rôle central dans cette transition. Son encours a atteint 2 107 milliards d’euros à fin 2025 selon France Assureurs, confirmant son poids structurel dans la transmission patrimoniale.

Pour les héritiers, la question n’est pas uniquement fiscale. Elle devient rapidement stratégique et financière : conserver un bien reçu en héritage, refinancer une indivision, arbitrer entre revente et mise en location, restructurer un portefeuille immobilier familial ou optimiser la détention d’actifs professionnels.

Autant de situations qui nécessitent un accompagnement financier précis.

2. La transmission d’entreprises : l’urgence est là

L’autre dimension de la Grande Transmission est entrepreneuriale et elle est probablement encore plus immédiate.

Selon une étude Bpifrance relayée par Les Échos, 370 000 entreprises de 1 à 4 999 salariés pourraient changer de mains dans les cinq prochaines années. À l’horizon dix ans, 500 000 dirigeants partiront à la retraite. L’enjeu est colossal : près de 3 millions d’emplois sont concernés.

La réalité du terrain est préoccupante. Trop de dirigeants approchent de la retraite sans avoir véritablement anticipé leur sortie : 28 % de ceux qui envisagent une transmission dans les cinq ans n’ont pas encore réfléchi à leur cession, et 50 % n’ont pas défini de projet post-transmission.

Les conséquences sont connues : baisse des investissements, ralentissement de la dynamique de l’entreprise, difficulté à identifier un repreneur crédible, voire disparition pure et simple de sociétés pourtant viables. Dans un contexte où les défaillances d’entreprises restent à un niveau historiquement élevé, près de 70 000 en 2025, le sujet devient stratégique pour l’économie française.

Face à cette situation, le gouvernement a présenté en avril 2026 son plan Objectif reprises, porté par Serge Papin, ministre des PME. Le plan prévoit notamment de sensibiliser les dirigeants dès 55 ans, de développer les plateformes de mise en relation entre cédants et repreneurs, de mobiliser davantage les banques et le crédit vendeur, ainsi que d’encourager les reprises par les salariés via un mécanisme inspiré du « Dutreil salarié ».

3. Le financement : premier obstacle, première opportunité

Dans l’étude Bpifrance, l’accès au financement apparaît comme le principal obstacle rencontré par les repreneurs. Près d’un tiers déclarent avoir eu des difficultés à financer leur projet, une tendance de fond que confirment les professionnels du secteur : en dix ans, les valorisations de transmission ont progressé d’environ 20 % en moyenne, tandis que les banques ont durci leurs exigences d’apport personnel.

C’est précisément là que nous intervenons.

Chez Carte Financement, nous accompagnons régulièrement des opérations de reprise d’entreprise, qu’il s’agisse de LBO, de management buy-out, de croissance externe ou de financement immobilier professionnel dans le cadre d’une transmission.

Notre rôle consiste à structurer le bon montage financier : dette d’acquisition, crédit vendeur, intervention Bpifrance, financement immobilier en parallèle. En d’autres termes, optimiser l’ensemble de l’opération là où les banques, prises individuellement, ne voient souvent qu’une partie du dossier.

La transmission n’est pas un simple acte notarié. C’est un projet qui se prépare souvent plusieurs années en amont et la question du financement doit être posée tôt, pas au dernier moment.

Dans beaucoup de transmissions aujourd’hui, le sujet n’est plus seulement de trouver un repreneur. C’est de construire un montage capable de rendre l’opération possible.