Les taux directeurs de la BCE
Après la hausse du 11 juin, la BCE a marqué une pause. Réunie le 23 juillet 2026, le Conseil des gouverneurs a choisi de laisser ses trois taux directeurs inchangés. Le taux de dépôt reste ainsi à 2,25 %, le taux de refinancement à 2,40 % et le taux de prêt marginal à 2,65 %. La hausse de juin demeure la première depuis 2023, après un cycle de baisses entamé en 2024.
Ce statu quo intervient dans un contexte d’inflation qui a commencé à refluer : après un pic à 3,2 % en zone euro en mai, la détente des prix de l’énergie consécutive à l’accord USA-Iran du 17 juin a desserré la pression. Le marché, qui anticipait encore deux à trois hausses supplémentaires en début d’été, ne table désormais plus que sur une probabilité faible d’un nouveau tour de vis en septembre. La trajectoire dépendra de la persistance ou non du reflux énergétique dans les prochains mois.
L’Euribor 3 mois
L’Euribor 3 mois s’établit autour de 2,44 % fin juillet 2026, en hausse par rapport au mois précédent. Ce taux interbancaire de court terme, indice de référence dominant pour les crédits professionnels à taux variable, a intégré le relèvement des taux directeurs de juin. Sa progression se poursuit malgré la pause de la BCE, signe que le marché avait déjà anticipé le durcissement. En l’absence de nouvelle hausse d’ici la fin d’année, l’Euribor 3 mois devrait se stabiliser autour des niveaux actuels.
L’OAT 10 ans
L’OAT 10 ans (TEC 10) s’établit à 3,95 % fin juillet 2026, au-dessus de son pic de mi-juin comme de celui du premier trimestre. Le rendement reste tiré vers le haut malgré la pause monétaire, ce qui montre que la pression sur les taux longs français est désormais largement déconnectée de la politique de la BCE. Elle tient à des facteurs propres à la France : un déficit public sous tension, une perspective placée sous surveillance négative par Moody’s en avril, et un spread OAT/Bund maintenu autour de 75 points de base contre l’Allemagne. L’Agence France Trésor poursuit par ailleurs un programme d’émissions 2026 sans précédent, ce qui continue d’alimenter structurellement la pression sur les rendements longs.
Swap EUR 15 ans
Le Swap EUR 15 ans évolue autour de 3,32 % fin juillet 2026, en légère hausse sur le mois. Ce taux de swap à maturité constante sert de référence pour le financement des entreprises à long terme à taux fixe et reflète les anticipations du marché sur les taux à 15 ans. Fait notable, il ressort nettement en dessous de l’OAT 10 ans (3,95 %), un écart d’environ 60 points de base : la relation historique s’est inversée, l’emprunt d’État français se traitant désormais au-dessus du swap, signe d’une prime de risque souverain spécifique. Pour l’emprunteur, ce niveau permet de comparer le coût d’un financement à taux fixe long face à une structure variable indexée sur l’Euribor.